1983 - 28-09-2003
BREF HISTORIQUE DE LA “ PORTA DELS PAÏSOS CATALANS’’
An III de la “ Generalitat ’’ de Catalogne restaurée. L’autoroute, colonne vertébrale selon les paroles du Dr Batista i Roca, unissait enfin la Catalogne du Nord et le Principat.
On apprenait en Roussillon qu’une “ Porte de Catalogne ” allait se construire à La Jonquera.
Des personnalités catalanes du Nord, parmi lesquelles le regretté Josep Deloncle, président de l’Union pour la Région Catalane, conservateur de la Casa Pairal, élevèrent une protestation véhémente, La protestation fût efficace et la Porta ” de La Jonquera fut baptisée “ Porta Catalana ”.
Il restait aux Roussillonnais, l’obligation d’entreprendre l’action
d’envisager la réalisation d’un monument qui indiquerait le point
d’entrée de notre beau pays.

L’U.R.C. (Union pour la région catalane)
Faisaient patie de cette association en 1983, en plus du président Josep Deloncle, Pere Comelade, Miquel Mayol, Lluís Lliboutry, Josep Font, Ginette Bise, Jaume Sala, Armand Samsó, Claudi Gendre, Joan-Lluís Prat, Robert Carrera, Jordi Roudières, et quelques autres amis.

Mars 1983
C’est au cours d’une réunion de l’U.R.C. que Josep Deloncle a exposé le problème de la “ Porta Catalana ” de La Jonquera aux membres, ainsi qu’à d’autres amis présents ce jour-là et nous a demandé de travailler l’idée d’un monument à Salses, comme il en avait déjà parlé à Jordi Roudières, afin d’effacer l’erreur de La Jonquera.

Avril 1984
Une Assemblée constitutive de l’Association “ Porta dels Països Catalans ” fut organisée par Miquel Mayol, avec l’aide de certains élus de Salses, à la salle des fêtes du village. Le maire, René Comes, est symboliquement nommé président; Armand Samsó, secrétaire général; Maurice Auzeville, trésorier; Josep Deloncle, Miquel Mayol, Jordi Roudières, vice-présidents; plusieurs membres du bureau qui, plus tard, formeront le Conseil d’Administration. L’Association est officiellement déclarée le 26 juin 1985, à la Préfecture des Pyrénées-Orientales. René Comes, maire de Salses, nous vend, pour un franc symbolique, un terrain de plus de 3  hectares, au Nord de Salses, près de la ligne d’Occitanie, en bordure de l’autoroute A9, en direction de Narbonne, au lieu dit : “ Au-dessus des Moulins ”.

Premier contact avec l’équipement (D.D.E.)
Une entrevue décisive avec M. Lescure, ingénieur de la D.D.E. des P.O. (avant de commencer les démarches de souscription et de recherche de sponsors éventuels, le bureau a voulu savoir si nous aurions l’autorisation de construire un monument). Après une série de réunions techniques sur les divers lieux envisagés, des réunions d’organisation, auxquelles assistaient Joan-Miquel Gibert et Jordi Roudières, du conseil municipal, M. Lescure, ingénieur de la D.D.E. nous a délivré l’autorisation de construire un monument (le 24 février 1987) en demandant à la Porta dels Països Catalans d’associer la D.D.E. au projet.

Campagne de souscriptions
Auprès des associations, des municipalités et des institutions, nous avons étendu notre souscription, avec plus ou moins de succès.A la Catalogne du Nord, 55 municipalités ont participé, selon leurs moyens et souvent selon leur catalanité. Certaines faisant un gros effort. Pourtant, des villes importantes comme Prades, Céret, Thuir, et plusieurs autres, n’ont jamais acheté la moindre “ pierre ”.Un encouragement, tout de même, toutes les personnes à qui nous avons présenté le projet ont trouvé l’idée remarquable et nous ont félicité.
A Perpinyà, le Ce D.A.C.C. a participé plusieurs années, en achetant chaque fois 20 pierres symboliques, au nom de la municipalité. Dès les premiers fonds, le bureau de l’Association a fait commencer les études de niveaux, de localisation et de sondage du terrrain. Un géomètre, M. Guisset, nous a offert gratuitement son travail et les plans des différents niveaux.
Nous étendons la souscription à la Catalogne Sud en participant à de nombreuses manifestations et en organisant des réunions dans des villes importantes : Barcelona, Lleida, Tarragona, ainsi qu’à des foires. A Calella nous remportons un bon succès en participant à la foire, durant une dizaine d’années. J’ai pris de nombreux contacts avec, entre autres, Jordi Pujol, président de la Generalitat de Catalunya, qui accepta d’être notre président d’honneur; Pasqual Maragall, maire de Barcelona, Ramon Bagó, maire de Calella, ainsi que de nombreux amis : Josep Vilella, Josep Puig, Jordi Ten, qui nous ont beaucoup aidé et qui, plus tard, formèrent l’Association au Principat. Toutes les villes dans lesquelles nous avons eu un membre dynamique et disponible, la “ vente
des pierres symboliques ” a eu beaucoup de succès. A Perpignan, Emile Roig a “ vendu ” plus de 600 pierres. A Arles-sur-Tech, Jean-Pierre Vergès a fait un excellent travail. A Calella, vous ne trouverez pas une seule personne qui n’ait    “ acheté “ une pierre à Josep Vilella.
Les premiers responsables des diverses délégations des Pays Catalans furent :

A Barcelone : Max Canher, Josep Arqué, (j’ai connu J. Arqué,alors que j’étais encore en activité à “ Nice-Matin ” comme directeur technique, au cours d’un séminaire informatique à Barcelone, organisé par la firme Siemens, à laquelle il appartenait);

A Valence : Vicent Badia-Marin;

Au Principat : Ramon Bagó, Josep Vilella, Josep Puig;

ATarragona : Josep-Lluís Carod-Rovira: A Mallorca : Josep Llompart; A

Girona : Josep-Ma Barneda i Moya; A Lleida : Francesc Caballero;

AuBerguedà : Càndid Casals, Jordi Ros;

A La Selva : Joan Julià i Solé, Leandre Herrera;

A L’Alguer : Raphaël Carià. (Aujourd’hui, plusieurs de ces importantes personnes sont hélas décédées).

Quatre présidents, d’honneur se trouvent à la tête de l’Association en1986 : MM. Jordi Pujol, Pasqual Maragall, Guy Malé, Paul Alduy. Leurs successeurs ont accepté de les remplacer : MM. Joan Clos, maire de Barcelone; René Marqués, puis Christian Bourquin, présidents du Conseil général et Jean-Paul Alduy, maire-sénateur de Perpignan.

3 juin 1987
Déclaration officielle de l’Association à la “ Generalitat de Catalunya ” par MM. Max Canher et Josep Arqué. Bureau actuel : Ramon Bagó, président; Josep Vilella, secrétaire; Josep Puig, trésorier.

Les élections de 1989
Marie-Claude Grégoire est élue à la succession de René Comes, en tant que maire de Salses et devient, comme celà sera habituel (et non automatique), présidente de l’Association.

9 mars 1993 à Barcelona
Marie-Claude Grégoire et Armand Samsó signent un accord (préalablement convenu après plusieurs entrevues entre Armand et les responsables barcelonais) avec MM. Vallvé, directeur des affaires extérieures à la Generalitat, Jacint Mora, chef de cabinet, auquel la “ Porta ” doit beaucoup, et Esteve Mach, directeur des monuments historiques. Par cet accord, la Generalitat s’engage à trouver les sponsors suceptibles de financer le monument. Un premier concours a réuni une quinzaine d’artistes. Il n’a pas donné satisfaction au jury. Les trois meilleures oeuvres furent récompensées afin de couvrir les frais des participants. Un deuxième concours, plus restreint, mais d’un niveau très supérieur fut organisé, et le jury choisit le projet d’Emile Armengol, sulpteur de renommée internationale.

Les élections de 1995
Le Dr Sylvain Dagues est élu maire de Salses et accepte, comme c’est l’habitude, la charge de président de l’Association. Le 17 juillet1997, à Barcelone, il signait avec Armand Samsó, un accord avec lessponsors réunis par la Generalitat, et le président Jordi Pujol. Ces sponsors sont : El Corte Inglés, Gas Natural, Enher, Cia Roca de Radiadores, Sony, Catalana Occidente.

L’Intervention de Bernard Bonnet :  “ Le coup dur ’’ (Une des périodes les plus dures et les plus noires de l’histoire de la Porta jusqu’à ce jour). Durant tout ce temps et toutes ces discussions, beaucoup d’amis se découragèrent et abandonnèrent le navire. Au bureau, ce fut un sentiment de mépris, de révolte, qui domina. Surtout lorsque fut connue la liste des personnalités départementales qui soutenaient le préfet
Bonnet. Dans la liste de ces noms on relevait la signature du maire de Rivesaltes, Bascou... et de Sylvain Dagues, maire de Salses et président de l’Association. Interpelé par Armand à la réunion du bureau, S. Dagues se justifia, invoquant des sentiments religieux de pitié envers un préfet en prison...
Le 2 août 1997, arrivait à la mairie de Salses une lettre du préfet Bernard Bonnet qui disait “ avoir entendu parler d’un monument...” et que ses services n’avaient jamais été consultés.
Vous savez tous que c’est faux (expliqué au début). J’ai demandé une entrevue au préfet, sans succès, et quelque temps après, il partait pour la Corse, avec les résultats peu glorieux que l’on connait  C’est son successeur, M. Pierre Dartout (d’un contact très courtois et beaucoup plus sympathique que son prédécesseur), qui m’accorda une entrevue en compagnie du maire. Plusieurs fois, j’ai rencontré le préfet, durant des mois, ces discussions ne débouchèrent sur aucun accord. Il est évident que M. Dartout ne pouvait, officiellement, ni aller contre l’autorisation signée par l’ingénieur de la DDE, ni contre la décision du préfet Bonnet.

Le 28 octobre 1998, une lettre officielle arrivait à la mairie de Salses et nous annonçait qu’il n’était pas possible de faire un monument au lieu prévu, car il était impensable de surcharger le
transit de la N9. C’était une sortie habile et mûrement réfléchie, mais nous avions enfin une réponse officielle et écrite.

Après analyse de la situation, nous avons fait un échange de terrains avec la municipalité. Un tracé se servant de chemins pittoresques à travers la garrigue, parfumée de thym, de romarin, de lavande, de fenouil et bordé par les vignes fut défini, de l’autre côté de l’autoroute.
Un nouveau terrain fut choisi pour l’implantation de la plateforme destinée à recevoir le monument (coût des nouvelles études : 60.800 € ou 100.000 F ou 10 M. de pessettes). Si nous avions, en suivant la voie officielle, déposé des dossiers en demandant les autorisations nécessaires, cela aurait duré qui sait combien d’années ?

Une commission formée de Miquel Mayol, Sylvain Dagues, l’architecte et Armand Samsó a consulté officiellement les professeurs de droit de l’Université de Perpignan, coût : 2.162,80 €. Après plusieurs réunions et une étude approfondie de la loi et des règlements en vigueur, il a été établi qu’un projet de monument, qui respecte une hauteur inférieure à 12 m et un volume de moins de 40 m3, n’avait besoin d’aucune autorisation. Pour faciliter la réalisation, les professeurs nous conseillèrent de demander au maire de prendre la responsabilité de maître-d’œuvre. Charge qu’a accepté Sylvain Dagues. Après sa reélection, M.-C. Grégoire a pris à coeur le rôle primordial de maître-d’oeuvre.

Quelques jours avant l’inauguration La plateforme terminée, nous avons posé la première pierre au cours d’une manifestation regroupant de nombreuses personnalités catalanes
des deux côtés des Pyrénées. Une belle journée, on la voyait déjà notre “ Porta ”. C’est à ce moment-là, alors que la plateforme était terminée, que nous avons reçu une nouvelle lettre d’un nouveau préfet, nous informant que la distance entre l’autoroute et le monument devait être de 100 m. Il n’y en avait que 80. On ne nous l’avait pas dit durant les deux mois de travaux, c’était trop simple. Pour un peu, ils auraient attendu que le monument soit en place.

Marie-Claude Grégoire n’a pas voulu que j’assiste a l’entrevue qu’elle avait obtenue avec le préfet. Sans se décourager, nous avons fait effectuer les mêmes études. Géomètre, architecte, appels d’offres etc. Le monument, que l’on devait inaugurer le jour de la Saint-Jean, le 23 juin 2002, a du être stocké à Barcelone.
Les devis, avec leurs diverses nouvelles études d’implantation, n’ont cessé d’augmenter, ils dépassent 69.800 € (457.858 F - 11 M 634.473 pessetes).

Tout ce qui a été scellé dans le béton de la première plateforme est considéré comme perdu. C’est irrécupérable. (Quel gâchis inutile !) Le bureau de l’Association a pensé qu’à cet emplacement ont pourrait dessiner, plus tard, une table d’orientation. Il faudra aussi penser aux alentours du monument, aux chemins d’accès, au parking et aux services. Amener l’eau, l’électricité, prévoir une illumination, un grand mât avec un drapeau catalan, etc.

L’ETUDE D’UNE IMPLANTATION GLOBALE SERA RÉALISÉE
Pour la nouvelle implantation, les responsables de la municipalité ont beaucoup travaillé. Roger Mateu, Marcel Sauze, Sauveur Moreno, Jean-Claude Saint-Sevin, Janine Samsó, qui me conduisait chaque jour sur le terrain. Danielle Serres, Robert Montgaillard, Henri Lagarde, nous ont aussi beaucoup aidés.

En collaboration avec Marie-Claude Grégoire, le bureau de l’Association et toutes les personnes sus-citées se penchent actuellement sur le futur de la “ Porta ” bien qu’il soit assez difficile, certaines fois d’avoir des contacts avec Mme le Maire, qui est très occupée, et il faut trouver de l’argent.

Le Monument arrive à Salses
Le mardi 3 juin, arrivent à Salses les énormes camions “ gondoles ” qui transportent les “ morceaux ” du monument. Je passe rapidement sur les détails et les divers problèmes pour transporter ces “ morceaux ” jusqu’à la plateforme. Le dénivellement du terrain a imposé des grues très grandes et des
camions “ hauts sur roues ”. Quelques sueurs froides et des émotions fortes.

Enfin, le mardi 10 juin 2003, l’assemblage des “ morceaux ” commençait sur la plateforme définitive.
On pouvait voir la “ Porta dels Països Catalans ” en arrivant du
Nord, au commencement de notre pays. Lorsque l’on a placé le 5e et dernier pied, à plusieurs reprises, je me suis pincé fortement pour être sûr de ne pas réver. J’avais les yeux pleins de larmes. J’ai fait quelque pas face à la tramontane et là, en pleurant, pour moi seul, je me suis chanté “ Els Segadors ”,  en pensant à tous ces grands catalans, qui ont été séduits par l’idée de “ La Porta ”, qui ont participé mais qui, hélas, ne l’ont pas vue : Josep Deloncle, Pere Comelade, Francesc Dols, Josep Fons, Joan Riberat, Badia-marin, Llompart, Herrera, Mme Birouste et tant d’autres. Privés de la joie que j’éprouve aujourd’hui, par la faute de quelques orgueuilleux, fiers de leur pouvoir, prétentieux, obtus, bornés ou tout simplement imbéciles.
Maintenant elle est là, bien à la vue, majestueuse. C’est la victoire de la patience, de l’abnégation, de la ténacité d’un groupe d’amis, qui, même dans le creux de la vague, trouvaient mutuellement des arguments pour se redonner espoir et nous avons gagné. “ La tossuderia catalana ha vençut ”.
Toutes les personnes qui passeront au pied de l’oeuvre d’Armengol, sauront que c’est là, à Salses, près de la vieille forteresse, à la “ Fita ” au “ Mal Pas ” que commencent la terre, la langue et la culture catalanes.

Le jour tant espéré est arrivé
le 28 septembre 2003 Sous la présidence du Premier ministre de la Generalitat, M. Arthur Mas et du Président du Conseil Général Christian Bourquin, Marie-Claude Grégoire, maire de Salses; Armand Samsó, président de la “ Porta ”,Ramon Bagó, président de l’Association au Sud, ont inauguré la “ Porta “ en présence de Josep Vilella, Josep Puig, Roger Torrreilles, vice-président du Conseil Régional; Emili Armengol, créateur de l’oeuvre; avec la participation de Jean-Paul Alduy, sénateur-maire de Perpignan; Francesc Ferré (E.R.C.), membre du gouvernement de Catalogne; M. Vilajoana, conseiller de culture; Joan Vallvé, député européen; Jacint Mora, chef de cabinet; Estève Mach, directeur des monuments historiques; Maryse Olivé, directrice de la Casa de la Generalitat de Perpignan. Beaucoup de personnalités politiques et autres, les membres du bureau de l’Association; et surtout la foule de ceux qui ont participé financièrement à l’édification, ceux qui ont cru et qui toujours ont gardé confiance. Pour tous, le grand jour etait arrivé !

“ Visca Catalunya ! ”



Armand Samsó i Gaixet
                 président

Compositioin du bureau DE L’ASSOCIATION au jour de l’inauguration : Président : Armand Samsó; Vice-président: Miquel Mayol; Secrétaire : Janine Maugard; Trésorière : Olga de San Antonio; Secrétaire de session Vicenç Pérez, secrétaire de séance: Emili Roig,  administrateur :Membres : Ginete Bise, Eliane Comelade, Roger Mateu, Danielle Serres, Robert Montgaillard, Enric Caumell.

P.S.- Les élections se succèdent, elles bouleversent parfois les
données établies, mais “ la Porta est, et restera la Porta de tous,
grande et ouverte ’’. La souscription de “ pierres symboliques ” continue, plus que jamais au prix de 20 € l’unité. Celà nous permettra de finir de payer rapidement les dernières dettes de la première étape et de créer  un espace agréable digne de la Porta.
 Pour être membre actif, il suffit de faire une demande adressée au bureau, et d’écrire à l’adresse du président. La cotisation annuelle est de 10 €. A chaque réunion importante ou acte du bureau vous recevrez un compte-rendu détaillé.

Association Porta dels Països Catalans : 1, Avenue du Château  -  F.66600  -  SALSES
Tel. : 0/4.68.38.66.05  -  Fax : 0/4.68.38.63.62 

Mòbil : 0/6.08.31.89.23
(hors de l’état français : 00-33-468 etc.).

Armand SAMSÓ  et GAIXET
président